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Encore une arrivée à Cham, ma cinquième… c’eût été grossier de ne pas me fendre d’un petit compte rendu.

La course en question ? Le 90 km du mont blanc. Ne doutons pas que pour le choix des noms de course, ils n’embauchent pas vraiment des poètes…

Cette année est un peu particulière (attention, euphémisme inside !). En 2017, Anne et moi avons décidé de contribuer à la sauvegarde de nos retraites. C’est donc en octobre que la petite Margot est arrivée, fraîche et pimpante et même chevelue. Si je m’en remets au seul dieu qui vaille, j’ai nommé « Strava », c’est le 07/11 que je me décide enfin à rechausser les baskets pour de bon avec une bonne grosse dette de sommeil pour m’accompagner dans mes sorties !

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Vaille que vaille, j’arrive tant bien que mal à respecter le plan du seigneur Kinou avec quand même parfois quelques loupés sur des séances particulièrement indigestes. Faut dire qu’il est généreux dans les menus…

La fin de l’hiver approche et il est temps de porter un dossard sur une course digne de ce nom. En mars, il n’y a pas à tortiller bien longtemps, c’est du côté du Ventoux que ça se passe ! Météo dantesque comme souvent sur cette course et une 31éme place à l’arrivée… Bien mais pas top. On est encore tôt dans la saison !

Après deux angines de niveau international qui me clouèrent sur place, ce fut l’heure pour le printemps d’enfin arriver. Ma condition physique quant à elle serait peut-être un peu en retard. On allait en juger sur la classique Nivolet-Revard. Un trail sur mes sentiers d’entrainement. La course eut été parfaite si l’organisateur avait eu la bonne idée de placer l’arche d’arrivée au Revard. Malheureusement pour moi, je n’étais qu’à mis course, et il a bien fallut rentrer à Voglans.

Une 7 éme place à l’arrachée avec une deuxième partie de course un poil poussive.

On continue à borner, à déniveler, à faire des sauts de grenouilles et à rouler sur la plaque.

Début Juin, après une nuit atroce au camping de Cluse en compagnie d’une famille de ramollis du bulbe qui ne comprend pas qu’à minuit passé, la bien séance veut qu’ils ferment leur gueule, je prends le départ du trail du Gypaète.

Une centaine au départ…  Sûr que je ne vais pas être emmerdé par le monde aujourd’hui.

Un type a vraisemblablement décidé de taper un chrono sur la première monté et comme un con, je décide de m’accrocher. Je suis dans le rouge pendant plus d’une heure avant de rebrancher mon cerveau. A mi course je fini par passer en tête pour ne plus la lâcher. Une chouette course qui me laisse espérer de bonnes choses pour fin juin.

A une semaine du départ à Chamonix une bonne gastro express vient parfaire affutage. Nickel !

Allez, cette fois, on y est ! 4h du matin, je m’installe tranquillement en deuxième ligne, pas vraiment certain que mon état de forme soit au plus haut. Une chose est sûre, le parcours est dément, il va faire beau, on ne devrait pas passer une journée trop pourrie !

Première et très bonne surprise, la montée au Brévent se fait sur un rythme tout à fait agréable. Julien mène le rythme et personne n’a l’air décidé à venir le contrarier. Inévitablement, les choses changent à la bascule. Je vois Mimi Kotka fondre sur moi et comme je suis un gentleman et aussi parce que mes cuisses sont deux fois plus petites que les siennes, je la laisse passer. Bref, le groupe éclate, je me retrouve tout seul et ça va durer un petit moment. Peu après le ravito du Buet, j’entends de la compagnie arrivée. Tu parles d’une compagnie… Aubin Ferrari me laisse sur place et à mes pensées qui, à ce stade de la course, deviennent de plus en plus merdiques. Attention, gros cou de mou en vue !

A ce niveau du parcours, le compteur n’indique pas encore 40 bornes et pourtant j’envisage déjà de mettre le clignotant. J’ai mal au pied, et je me tape une fracture du cerveau ! Bon, de toute façon, Emosson, il va bien falloir y monter. Je suis rejoins par Sylvain Perrin avec qui je vais me taper cette boucherie de sentier qui nous mène au barrage. J’arrive complètement rétamé au ravitaillement. Néanmoins, mon cerveau va mieux et c’est bien là l’essentiel. Mes cuisses de serin vont prendre un peu plus de temps pour se remettre en selle. Je ne m’attarde pas dans ce haut lieu de l’abandon du traileur. Je descends tranquillement vers le Chatelard avant de…remonter. Original !

Mon état de forme général ayant décidé de prendre son temps pour revenir au beau fixe, je reste discrètement derrière Sylvain qui continue d’imprimer le rythme. Nous sommes 16 et 17 et ça fait un moment que ça dure. Le haut de l’ascension vers l’Arolette approche et mon manque cruel de savoir vivre m’incite finalement à fausser compagnie à mon camarade. Putain, mais ça y est, j’ai bien l’impression que je suis chaud là !!! J’analyse à cet instant que dès lors qu’il te faut 55 bornes et 4300 m de dénivelé pour commencer à te sentir bien, tu peux légitimement te poser la question de l’intérêt de t’aligner sur des courses de 20 bornes… Bref, enfin j’arrive à allonger la foulée et je descends à grandes enjambées vers le Tour où je vois mon père pour la dernière fois avant l’arrivée. Hayden Hawks est également là et me lance quelques timides encouragements. Je vois très nettement de l’inquiétude dans son regard. A n’en pas douter il s’inquiète de me voir à ses côtés au départ de l’UTMB cette année.

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Je reviens sur terre et file vers les Bois avec une foulée… tout à fait quelconque. Cette portion sera franchement pénible, la faute à mon syndrome de Morton qui trouvait sans doute que ça allait trop bien depuis un moment ! Le début de l’ascension vers le Montenvers se fait désirer… Au cours de cette dernière bosses, j’arrive à maintenir un très bon rythme et entame une bonne partie de ramasse-mort. Je pointe 14 éme là-haut. Allez hop, on traverse vers le plan de l’aiguille par ce superbe sentier en balcon. 13éme ! Mimi Kotka est 6’ devant moi, je lui repris 16‘ depuis les bois. Malheureusement pour moi, maintenant, il faut descendre pendant 7 bornes. Elle me remet 6’ dans les dents. Putain, faut vraiment que j’apprenne à descendre !

Soyons honnête, je trouve cette dernière descente particulièrement chiante. L’altimètre de ma montre est bloqué, je suis dans une faille spatio-temporelle, je cours, je cours mais les toits de Chamonix ne se rapprochent pas ! On ne pouvait pas descendre par Blaitière bordel ! Ça c’est un vrai sentier !

Bon, finalement, après une lamentable descente, j’atterris enfin à Cham. Je me mets en mode « retour au train » comme Kinou nous l’enseigne si bien et 12h21 après avoir quitté la place des guides… me voici de nouveau sur cette place mythique ! 12éme.

Putain, il n’y a pas à dire, c’est vraiment bon une arrivée à Cham !

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3 Comments. Leave your Comment right now:

  1. Toujours un plaisir de te lire.
    Je fais 12ème et même pas mal aux jambes. Super.
    Bienvenue à la petite Margot.

  2. by Monik Malissard

    Bravo Benjamin ! La prochaine fois, si tu peux écrire noir sur fond blanc, ce sera plus facile à lire ! Biz

  3. by Jean-Charles COLUCCI

    Bravo garçon !

    Félicitation pour l’arrivée de ta fille aussi ! J’ai connu ça de mon côté en août avec l’arrivée d’un petit gars et pas simple de garder le rythme :-)

    Sinon, tu es toujours avec ton régime cétogène ? 2 angines, 1 gastro, … ça ne te réussi pas trop au niveau des défenses immunitaires ou je me trompe ?

    A+

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