Nous voilà arrivés à Osh, temple de la bouffe après le Pamir. Un vrai paradis ! Ca y est donc, on l’a traversé ce plateau du Pamir, ce saint grâle du cycliste !

Pause déjeuner avec Borice, Lionel, Pete et Alice

On a finalement opté pour la version la plus easy : la route du Nord et non le corridor de Wakhan. Deux raisons à cela : une route globalement asphaltée qui monte en douceur sur le plateau à 4000m et des paysages différents de ceux rencontrés entre Kalaikum et Khorog.

Et on n’a pas été déçu !

De Khorog à Murghab

Le départ de Khorog nous fait un peu violence : on a eu l’idée assez…stupide de se goinfrer au resto indien local. Résultat : un départ à 14h, l’estomac prêt à craquer et en plein cagnard ! Quelques montées bien raides nous rappellent sévèrement à l’ordre. Au fait, The Boris était avec nous, égal à lui-même, voire ayant perdu encore un peu plus de son équipement, déjà sommaire. Les paysages sont de toute beauté : on longe une rivière d’un bleu surréaliste, le tout encadré par de superbes montagnes, certaines devant atteindre les 6000m.

on suit une rivière aux couleur superbe

La route est bonne et monte en douceur. Quasi pas de trafic, essentiellement des camions chinois effectuant la navette entre Kashgar et Khorog. Quelques villages jalonnent la route et permettent un approvisionnement sommaire en biscuits et en eau.

Au 3ème jour, dans la montée pour notre 1er sérieux col (4270m), on retrouve Alice et Pete, un couple d’anglais rencontré au Pamir Lodge à Khorog. Et on se fait également rattraper par Lionel. Décidemment, beaucoup de cyclos sur la M41 ! On partage ainsi tous ensemble le peu d’oxygène qui règne à de telles altitudes (quasiment 2 fois moins d’oxygène que pour vous les franchouillards !)

On restera cinq jours sur le plateau du Pamir, souvent à plus de 4000m d’altitude. Autant dire qu’on a fait du globule ! Aucun souci de MAM, mais on apprend à nos dépends que les gestes parasites sont à proscrire ; se contenter de pédaler et se concentrer sur sa respiration ! On retrouve un peu (voire beaucoup) de fraîcheur et le plaisir de se glisser dans les duvets moelleux le soir. On découvre aussi un autre monde : une population isolée de tout, vivant en harmonie totale avec son environnement plus qu’hostile ! Les rares habitants des lieux sont pour majorité des kirghizes, yeux bridés et pommettes hautes et burinées par le soleil, chapeaux hauts de laine noir et blanc pour ces messieurs.

Pause déjeuner chez ce Kirghiz

Traditionnellement nomades, ils vivent dans des yourtes, avec quelques yacks et autres bétails. Chaque jour, trois fois par jour à leur table : tous les dérivés du lait (yaourt fermenté, fromage, crème) et quelques galettes de pain maison. La recommdation des 5 fruits et légumes n’a pas percé  jusqu’ici ! Et on fait surtout le plein de paysages sauvages et grandioses. Seul le mode panomarique de l’appareil permet de rendre un peu compte de la beauté et de l’immensité des paysages qui s’offrent à nous.

Paysage aride mais d'une beauté insolante

Un monde purement minéral, des couleurs passant de l’ocre au noir, un peu de neige sur les sommets alentours. Le vent nous donne des ailes ; on abattra plus de 120km une journée.

L’arrivée sur Murghab est saisissante. Un village fantôme rassemblant une centaine d’habitations et un bazar concentré dans quelques anciens containers maritimes rafistolés et rouillés. Qu’est-ce que foutent ces gens ici, perdus au milieu de nulle part ?!

La ville contenaire

On y trouve quand même quelques Guest House rudimentaires, l’occasion de recharger les batteries qui sont plus qu’à plat pour ma part.

De Murghab à Osh

En quittant Murghab, on admire encore quelques minutes le Mustagh Ata au loin côté chinois, une « colline » blanche immaculée culminant à plus de 7000m, et on file plein Nord, direction le Kirghiszan, le vent dans la gueule cette fois…

Anne dans les derniers mètres du Akbaital pass

Un réveil réglé à 4h le lendemain nous permet de franchir notre plus haut col, à 4655m, avant que le vent ne se lève. Quelques kilomètres de plus ou moins descente, luttant avec acharnement contre un vent déchaîné, et nous atteignons le lac Karakul. Fidèle à sa réputation, ce lac d’altitude le plus haut d’Asie centrale est bien bleu, du bleu clair et translucide au bleu intense et profond  selon l’heure de la journée. Un écrin encerclé par les montagnes. Magnifique !

Photos tous les 500 m

Le village de Karakul par contre ne nous ébloui par son tumulte ! Il y a vraiment que dalle, hormi quelques habitations. Nous peinons à acheter de quoi diner, finalement trouvé chez un particulier, au fond de son garage… Une nuit au chaud chez l’habitant dans un genre Guest House, un plein d’eau fraiche au puits du village et hop, nous voilà repartis pour nos 2 derniers cols, 4230 et 4330m, avant de basculer au Kirghiztan.

On a coché la Pamir Highway !!! Benj est tous ému !

Ca y est, déjà les paysages changent du tout au tout. En descendant du plateau du Pamir, on retrouve des pentes vertes, des chevaux, des yourtes… et la pluie pour notre premier bivouac kirghiz. De la viiiie !!! Arrivés à Sary Tash le lendemain, on se retourne sur nos pas. Le paysage est à couper le souffle. La pluie de la veille a saupoudré de blanc toute la chaine du Pamir, qui surgit brutalement au fond d’une plaine verdoyante. Surement l’une des plus belles images que nous garderons du Pamir. Il nous faudra 3 petits jours tranquilles pour franchir les 250km nous séparant de Osh ; la route est vraiment impeccable, les cols sont roulants comme ceux des Alpes, on retrouve peu à peu la civilisation avec les quelques villages croisés et les dizaines d’enfants surexcités à notre vue et hurlant et répétant des hello ou des bye-bye.

Nous voilà donc à Osh. Première urgence : aller vérifier par nous-même, Alice, Pete et nous deux, le goût des pizzas, fajitas et cheese-cake dans ce « Californian Café » venté par le lonely ! Bon, si vous débarquez directement d’Europe, n’allez pas dans ce resto car vous serez déçus, mais nous on était heureux comme des princes. 13 plats à nous 4. Un record. Il nous a fallu l’aprem entière pour digérer. On a trouvé une Guest House sympa où planter la tente (Tes Guest House), pas loin du Osh Market où on a vidé notre compte en banque pour du saucisson, du camembert président, une bouteille de vin rouge, du chocolat, des céréales, des yaourts… Bref, vous l’aurez compris, notre obsession du moment est de MANGERRRR !! Oui parce que je ne me suis pas étalée sur le sujet mais la traversée de l’Ouzbékistan, suivi de celle du Tadjikistan m’a usée physiquement et moralement ; curieusement moins Benjamin, qui a pourtant porté dans les cols les plus durs certains de mes sacs… Quel héro mon homme !

Le look Tadjik

7 Comments. Leave your Comment right now:

  1. Bonne option de passer par le Kirghizistan !
    Les paysages y sont superbes !
    ça rappelle des souvenirs : Sary-Tash (nuit dans une école), Osh (bivouac dans le parc de l’église orthodoxe).
    Ne passez à côté des bains russes, sans y goûter.
    Bon courage pour la suite ! Ben oui, la suite c’est par où ?

    • by Anne & Benjamin

      Salut Daniel !

      On va te décerner le prix de la réactivité à nos articles ;-)
      La suite c’est Bichkek pour faire le visa Chinois et direction Kashgar !

  2. Réactivité car je suis abonné à votre blog.
    Pour info voir notre passage à Osh en provenance de Kasghar : http://gatebourse.over-blog.com/article-mardi-5-juin-2012-osh-kirghizistan-ppl20-106437470.html
    a+

  3. by jean jacques

    chapeau à vous, quel dépaysement certainement. Bonne continuation, bonne route et surtout gardez bon moral, bientôt la moitié de franchie

  4. by PAT AND PAT

    Superbes photos!

  5. by julia et david

    salut,pour info, vous avez pédalé combien de jours entre Dushanbe et Sary tash ? merci.

    • by Benj

      On a quitté Dushambe le 24 juin. On était à Khorog le 01/07 et on a passé la frontière Kirghiz le 10/07. On a pris 1 jour off à Khorog et Murgab.

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