On avance on avance… Nous voilà à Bishkek pour décrocher le sésame chinois. Entre temps, la fin de la route M41 entre Osh et Bishkek.

Après avoir squatter 3 jours dans la TES Guesthouse de Osh en compagnie de cyclos et autres voyageurs en famille, on a fini par décoller.

Vallée de Ferghana Kirghiz !

Le début de l’itinéraire pour Bishkek consiste à longer la frontière Ouzbek pendant environ 200 Km sous un soleil de plomb et sur une route aussi ennuyeuse que les chiffres et les lettres. La découpe des frontières dans cette région de l’Asie centrale est l’œuvre du moustachu Staline. Le niveau de perversion du gars était quand même assez poussé. Il a finement dessiné les contours de la frontière pour diviser les populations du coin et appliquer l’adage « diviser pour mieux t’en foutre plein la gueule ». Conséquence, la présence de 40 % d’Ouzbek dans la région. Résultat, encore en 2010, ça se foutait sur la gueule dans Osh, faisant 200 morts dans les rues en quelques jours. Le coin est donc un peu  spécial. Autre spécificité du coin, on trouve de quoi nourrir la moitié de la planète en pastèques sur les bords de routes. A part ça, pas grand-chose…

Des tonnes de pastèque sur cette route

Les montagnes Russes !

Dès lors qu’on quitte la frontière Kirghizo-Ouzbek, la route ne sait plus vraiment ce qu’elle veut, elle monte et descend en permanence pendant des Km. Nous, on accélère comme des ânes dans les descentes et on se fait sécher en 10 mètres dans les montées, passant de 40 à 5 Km/h en 2 mètres. Pendant toute cette portion, on remonte une superbe rivière à la couleur verdonesque.

réservoir de Toktogul

Il fait 40 °C dehors et cette saloperie de flotte est glacée au point de ne pas pouvoir y tremper le gros orteil sans te prendre une crampe dans les oreilles. Après 100 bornes et 1300 de dénivelé, on arrive à Karakol complétement claqué. Le lendemain, rebelote, on arrive au bord du réservoir de Toktogul, magnifique, et on enquille montées et descentes toute la journée. Cette portion est assez remarquable par la quantité de pieds de cannabis sauvage poussant sur les bords de routes. En gros, imaginez-vous, vous promenant dans la campagne française, une baguette sous le bras, et dites-vous que les pieds d’orties dans le fossé n’en sont plus… Camping 5 étoiles ce soir-là au bord de la rivière se déversant dans le réservoir. On peut enfin se baigner (et se laver) sans risquer l’hydrocution foudroyante. Royal !

De la beuh partout

 

Ala Bel Pass !

Toktogul marque la fin de ces montagnes russes et le début de la montée dans les pâturages d’altitude, la maison des nomades Kirghiz. La route remonte une vallée encaissée et visiblement beaucoup plus arrosée que la région que nous venons de traverser. A l’approche d’un virage, j’aperçois un camion dans le sens de la descente, en travers de la chaussée, échoué contre un arbre. Je continue le virage, Anne est 50 m derrière moi. Je regarde la route et constate la présence de morceau de l’habitacle d’une voiture, des bouts de siège notamment. Mon pouls s’accélère. Je finis le virage et vois finalement sur ma droite une voiture réduite en miettes. Immédiatement, je pense : où sont les cadavres, combien ? Finalement, je regarde au milieu de la route et distingue une couverture de laquelle dépassent deux pieds… Atroce ! Il y a sur le bord de la route une vingtaine de personnes l’air ahuri attendant sans doute l’arrivée des secours.  Je dépasse l’accident et crie à Anne de se dépêcher et de ne pas regarder. Ça a duré 10 secondes mais je me souviens de chacune d’elles. Nous sortons de là abasourdis, choqué et pleins de haine. En effet, les kirghizs sont les plus abrutis et les plus inconscients conducteurs qu’on ait rencontré depuis notre départ de France. Sachez bien que vous avez tout notre mépris et, plus généralement, tous les gros beaufs au volant de la planète qui prennent la route pour une cour de récrée.  A peine 500 mètres après l’accident, le cirque reprenait, les dépassements sans visibilité, les coups de klaxon etc… Putain, mais qu’est-ce qu’ils ont dans le cerveau ? Vous l’aurez compris, on l’a très mauvaise et je suis d’ailleurs en train de m’énerver tout seul en rédigeant l’article.

Bon, reprenons, on était en train de monter dans les pâturages, 70 bornes de montée… Ça cogne ! A partir de ce jour on s’est pris la pluie tous les soirs à partir de 18H avec orages, grêle et tout. Le climat change radicalement d’une région à l’autre dans ce pays. Finalement, après une pause déjeuner risquée dans une yourte on atteint enfin le premier des deux gros cols nous séparant de Bishkek : Ala bel pass – 3184 m

dsc06537

 

 Töö Ashuu Pass !

Plus qu’un col et on pourra se laisser pisser sur Bishkek. Ce col n’en est en fait pas vraiment en un puisqu’on tronque le haut grâce à un tunnel. Sur notre carte d’Asie centrale, le tunnel est indiqué à 2564 m. Arrivés proche du fameux tunnel, nous sommes aux alentours des 2400 m et là, horreur. Quelle est cette horrible route en lacets semblant interminable et montant à des hauteurs bien supérieures à ces foutus 2564 m ? On doit se rendre à l’évidence, les cartographes de Reise Know How sont des buses. 1000 m de dénivelé en mode Galibier nous tendent les bras. Shit ! Finalement, on atteint le tunnel à… 3200 m. On nous décrivait ce tunnel comme très dangereux et risqué à vélo. Ok. J’arrête donc le premier camion qui arrive :

« Mojna velociped machina tunnel ? »

Ce qui littéralement veut dire :

« Possible vélo camion tunnel ? »

« Mojna ! »

« Cool !!! »

Bon, démystifions ce tunnel, mis à part son étroitesse et peut être un air un peu chargé en CO2, il n’est pas si terrible. C’est même carrément les normes européennes en comparaison du tunnel tadjik entre Kundjent et Dushanbe. Voilà, finit le dénivelé, on vient de s’en manger 7000 mètre en 7 jours… Propre !

 Dernier pass avant bishkek

 

Chute libre !!!

Suite au col, c’est simple, 70 bornes de descente pour rejoindre la M39 puis 80 bornes dans les gaz d’échappement pour finir par poser nos sacoches dans la « Nomad home » à Bishkek. Cette guest house vaut le détour. Elle est blindée de voyageurs en tout genre, la plupart au long cours, venant de Chine ou d’Asie centrale comme nous. On y retrouve Pete et Alice, on y rencontre enfin JP avec qui on communique par mail depuis 1 an et Mathilde et Mathieu contactés par mail en Azerbaïdjan. Bishkek est un point névralgique de l’Asie centrale, confortable, peu chère et dans laquelle les obtentions de visas pour la suite du voyage sont assez aisées.

Chute libre sur la capitale Kirghiz

 

Conclusion

Bon, vous l’aurez compris, on a une impression en demi-teinte de cette route entre Osh et Bishkek, en grande partie due aux voitures. Après le Pamir, toute cette circulation nous a rendu nerveux et peu réceptifs aux paysages et aux gens… Ce qui nous rassure c’est que Pete et Alice qui ont fait la route 1 jour devant nous tirent exactement la même conclusion. Ils ont même fini par prendre un camion pour écourter le trajet.

Cependant, il est clair que ce pays vaut franchement le détour, ne soyons pas aigris. Les montagnes y sont verdoyantes, parsemées de yourtes et de chevaux par milliers. On y trouve de nombreux lacs, et, élément essentiel, la nourriture y est relativement abondante, ce qui fait une différence notable avec le Tadjikistan et même l’Ouzbékistan.

Le mouton aux plus grosses fesses d'Asie centrale

Les photos du Kirghizstan sont en lignes !

Info de dernière minutes, en théorie, vendredi prochain, on a notre visa !!!!!!!!!!!! Yeah !!!!!!!!!!!!!!

12 Comments. Leave your Comment right now:

  1. by Maïté

    Hé Bé vous nous faites bien voyager (surtout que je n’ai pas de vacances)
    Bonne fête Anne
    Bon courage pour la suite
    Maïté

  2. by Marie-Pierre

    Bonne fête Anne, j’espère que les Chinois auront eu la délicatesse de te le donner AUJOURD’HUI, ton visas ! Bonne route vers la Chine, à vous deux
    Bises

  3. by Marie-Pierre

    Les plus belles photos depuis le départ ! J’aimerais être vos yeux pour en profiter un max ! (mais pas vos mollets, ni vos fesses) Bravo!

  4. by cecile boulet

    hey les amigos!
    Vous me faites halluciner avec vos dénivelés et kilométrages…! moi non plus je n’aimerai pas être vos mollets ;) inconnu pour moi cette partie du globe mais ça a l’air bien dépaysant. bon courage les amis bisous

  5. Bonjour à vous deux !
    On vous sent choqués, à juste titre, par la conduite kirghize. On pense bien à vous, soyez prudents et anticipez.
    Nous sommes aussi passés au lac de Toktogul avec ses montagnes russes et ses panneaux uniques indiquant 12%.
    Vos photos sont toujours aussi belles. Les paysages kirghizes sont parmi les plus beaux.
    Bon séjour en Chine avec passage à Kashgar je pense ? (http://gatebourse.over-blog.com/article-29-mai-2012-kashgar-chine-pekin-paris-lo-106078854.html).

  6. by lio

    Salut

    Les kirghizes ont un permis de tuer et non un permis de conduire. Je me suis fait toucher une fois mes sacoches et depuis les eloignent avec un baton et une pierre. Effectivement ce n est pas un pays a traverser a velo mais faut y venir faire 2 3 croix dans tous ces sommets.
    J arrive a Bishkek le 4 aout a la nomad. On va donc se louper.
    Bonne continuation
    Je mets une bouteille de vodka au frais a GRE et je vous y attend
    A+
    Lio

  7. by Mamoune

    On trépigne comme vous en attendant votre sésame pour la Chine !!!
    Vos photos font rêver ( c’est quoi ce bleu photoshopé???) mais vos commentaires font frissonner…
    En attendant, reposez vous en n’oubliant pas les 5 fruits et légumes par reps !

  8. by MathLaMenace

    A poil!
    faite gaffe de pas trop vous faire tâter les sacoches quand meme.
    Putain de photos vous nous faites rêver….

    Bisous de toute l’équipe de génies (et de Francois aussi)
    Et oui j’ai croisé ton frere Benj! j’ai cru un instant que CT toi et que tout le voyage était un fake avec des montages photos organisé depuis un hotel de luxe…

    Bon voyage!

  9. by CaroKo

    Aller je me lance ! On ne se connait pas, je suis vos aventure depuis votre départ et je n’en rate pas une miette. J’ai eu un flyer de votre site dans le carton de notre commande sur le site réseau cyclable en janvier dernier et depuis je suis « accro » à votre périple. Je suis surtout impressionnée et admirative. Nous sommes des cyclistes et nos itinérants VTT se font dans le Vercors, sur les plateaux du Causse ou en Cévennes… Je ne crois pas être capable d’un tel voyage ! Je le fais donc par procuration et ça me va bien :-) J’ai longtemps hésité avant de vous laisser un petit mot et puis je me dis que des encouragements sont toujours bon à prendre ?!
    Je vous souhaite donc une bonne continuation dans cette aventure exceptionnelle. Les photos sont magnifiques et les récits palpitants. Merci de nous faire partager tout ça ! A bientôt de vous lire…

    • by A&B

      Salut Caroline (??)
      En effet on prend tous les encouragements et gentils messages, d’où qu’ils viennent !! Ca nous fait plaisir d’être suivis et de vous offrir à vous, travailleurs, un peu de rêve d’ailleurs !
      Merci beaucoup pour ton coup de pouce également, c’est vraiment cool.
      Au plaisir de te rencontrer à notre retour sur Lyon alors !
      A&B

  10. by jean jacques

    Vous nous faites toujours autant rêver de par vos récits et de par vos photos. La Chine arrive avec son lots de surprises. Soyez prudents et bon courage à vous, je vois que vous n’en manquez pas, chapeau. A Lyon il fait trés chaud ces derniers jours mais nous n’avons pas atteint les 40° même si nous n’en sommes pas loin certains jours.

  11. by nico gibbon

    Yo,

    je suis vos aventures de plus loin a present mais toujours le meme plaisir de s evader avec vous depuis… le bureau. Quoique la route paraisse dangereuse, il n en est pas moins vrai qu en regardant les photos, les paysages paraissent merveilleux.

    a bientoot,
    Bon vent,
    Nc.

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